Le Sénégal veut accélérer la modernisation de sa réglementation routière face à la persistance des accidents et aux limites du cadre actuel. Les autorités travaillent ainsi à finaliser la réforme du Code de la route. Un chantier qui prévoit notamment l’introduction du permis à points, la digitalisation de plusieurs procédures et un renforcement des dispositifs de contrôle
Au Sénégal, le gouvernement accélère la finalisation de la version actualisée du Code de la route, dont l’adoption est désormais prévue pour d’ici la fin du premier semestre 2026. Un atelier consacré à l’examen des textes réglementaires s’est tenu le mardi 10 mars 2025, sous la présidence du ministre des Transports terrestres et aériens Yankoba Diémé.
Selon les autorités, les nouvelles dispositions visent principalement à renforcer la sécurité routière à travers plusieurs réformes structurantes. Parmi les mesures envisagées figure l’instauration d’un permis à points destiné à responsabiliser davantage les conducteurs et à sanctionner plus efficacement les infractions. Le projet prévoit également de rendre obligatoire la formation en auto-école et de moderniser les examens du permis de conduire.
Les textes introduisent par ailleurs l’utilisation de solutions numériques pour la gestion du contrôle technique des véhicules et le paiement des amendes. En parallèle, le gouvernement étudie la création d’une police spécialisée de la circulation routière. Inspirée, selon le ministère, du modèle ivoirien, cette unité serait chargée de faire appliquer strictement la réglementation sur l’ensemble du réseau routier, y compris les autoroutes et les corridors de bus à haut niveau de service (BRT).
D’après le ministre Yankoba Diémé, les travaux techniques nécessaires à l’opérationnalisation du nouveau dispositif sont réalisés à près de 80 %, ouvrant la voie à une adoption des textes et à leur mise en œuvre progressive dans les prochains mois.
Ces réformes s’inscrivent dans une feuille de route plus large visant à restructurer le transport routier et à réduire la fréquence des accidents. Dans cette perspective, une délégation du ministère sénégalais des Transports terrestres a effectué la semaine dernière une mission d’étude à Abidjan afin d’examiner les mécanismes de digitalisation du système de gestion routière, la Côte d’Ivoire étant considérée comme l’un des précurseurs dans ce domaine en Afrique de l’Ouest.
Le programme gouvernemental prévoit également un renforcement du contrôle technique, notamment chez les opérateurs de minibus, souvent pointés du doigt dans les statistiques d’accidents, ainsi qu’un développement de l’offre publique de transport urbain, avec notamment un projet de modernisation de la compagnie publique Dakar Dem Dikk.
Selon les données de la Gendarmerie nationale, le Sénégal enregistre en moyenne 5200 accidents de la route par an, causant environ 745 décès et plus de 8500 blessés graves. Les pertes économiques associées sont estimées entre 4 % et 5 % du produit intérieur brut, soit près de 163 milliards FCFA (environ 286 millions USD) chaque année.
